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G_WEL01 Assurer le confort acoustique

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Type de travaux
Fonction du bâtiment
Limiter l'émission de bruit et sa transmission pour assurer le confort acoustique des occupants de tout bâtiment

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Principe

Enjeux

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Illustration 1 : source Bruxelles Environnement « Comment faire moins de bruit. 10 conseils »

Le confort acoustique est un élément souvent négligé des espaces intérieurs.

Or, celui-ci a une influence positive sur la qualité de vie et sur les relations de voisinage. Au-delà de cela, il contribue au bien-être physique, psychique et social de l'individu et, dans les lieux d'apprentissage ou de travail, il a un effet direct sur la concentration et les productions.

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Illustration 2 : Circulation à Bruxelles – Source Alter-Clim

A contrario, un mauvais confort acoustique génère des effets négatifs sur la santé (nervosité, stress, insomnies, fatigue). De plus, les problèmes de bruit de voisinage peuvent parfois dégénérer en conflits.

L'enjeu est de taille en Région bruxelloise étant donné l'environnement essentiellement urbain, la mixité des fonctions par quartier ou dans un même bâtiment. En outre, le patrimoine bâti existant reste globalement en deçà des performances acoustiques moyennes admissibles.

La présente fiche décrit les principes spatiaux et architecturaux ainsi que les dispositifs constructifs et techniques permettant d'optimiser le confort acoustique dans les bâtiments. Elle attire notamment l'attention sur les aspects pratiques en matière de bruit engendré dans le bâtiment par les équipements techniques, et aborde également les qualités acoustiques des matériaux d'isolation. La durabilité des matériaux d'isolation acoustique est abordée dans la recommandation G_ MAT04 - Choix durable des matériaux d'isolation thermique.

La fiche G_PHY03 – Minimiser la contribution acoustique du bâtiment au quartier, aborde la problématique du bruit engendré par le bâtiment et ayant un impact sur le voisinage. Elle reprend notamment les obligations règlementaires liées aux installations classées et au bruit de voisinage ainsi que les éléments clés pour appréhender les nuisances générées par un projet sur son environnement direct.

Notions

Pour appréhender les paramètres du confort acoustique, il est utile de maîtriser en priorité les notions suivantes :

  • Le son (définition, mesures et décibels)
  • Le bruit
  • Longueur d'onde
  • La propagation du bruit
  • Le comportement des bruits dans le bâtiment

Les sources de bruit dans le bâtiment sont diverses. On distingue :

  • Les bruits aériens provenant de l'intérieur ou de l'extérieur du bâtiment (sons qui se propagent dans l'air) : voix, musique, voitures, avions, etc.
  • Les bruits d'impact qui naissent au contact d'un élément constitutif du bâtiment et se propage au travers de celui-ci: personne qui marche avec des talons, chute d'outils, etc.
  • Les bruits générés par les équipements au sein de ce bâtiment qu'ils soient situés à l'intérieur ou à l'extérieur de l'enveloppe.

On notera que les voies de transmission structurales ou aériennes doivent être considérées comme un tout. Par exemple, si je saute dans mon appartement, les voisins du dessous ressentiront un bruit d'impact, tandis que les gens qui m'accompagnent entendront un bruit aérien. Souvent, une stratégie acoustique devra tenir compte de l'interaction simultanée de bruits aériens et d'impacts. C'est par exemple le cas du passage d'un train (son + vibration).

Et pour atteindre un niveau de confort acoustique désiré, les acousticiens ont pour habitude de distinguer :

  • la correction acoustique au sein d'un local lorsqu'on modifie la capacité d'absorption et de réflexion d'une ou de plusieurs parois en agissant sur leur texture, leur relief, leur géométrie et les matériaux de revêtement.
  • l'isolation acoustique entre deux ou plusieurs locaux lorsqu'on met en œuvre des solutions pour limiter la transmission du bruit au travers des parois, en agissant sur la structure même de celle-ci.

    • On notera que la correction acoustique n'isole pas du bruit mais estompe l'écho et la réverbération. La présence de matériaux absorbants dans un espace améliore l'esthétique du son mais ne réduit en rien le niveau sonore perçu dans les espaces voisins.
    • Enfin on prendra connaissance des notions suivantes :
  • Définition de dB(A), dB(B)
  • La réverbération T
  • Indice d'affaiblissement acoustique d'une paroi (R)
  • Loi de masse 
  • Fréquence critique et fréquences de résonance (ou modes propres) d'une paroi
  • Fréquence masse-ressort-masse
  • Coefficient d'absorption acoustique d'un matériau
  • Aire d'absorption acoustique équivalente
  • Effet de masque
  • ...

Démarche

Prévenir vaut mieux que guérir. De nombreux dispositifs constructifs existent pour atténuer le bruit. Pour un projet, on privilégiera avant tout les solutions simples et « passives ».

En complément, si nécessaire, des dispositifs d'isolation ou de correction acoustique seront appliqués. Ils sont souvent plus onéreux et la qualité de leur mise en œuvre est déterminante dans leur efficacité : le moindre défaut dans le dispositif peut annuler l'effet recherché.

La prise en compte du facteur bruit nécessite donc une démarche complète qui démarre au niveau des premières esquisses jusqu'à la conception et l'exécution, et englobe aussi bien l'architecture que les techniques (et surtout la ventilation). Cette démarche passe par les étapes suivantes :

  • 1. Analyser l'environnement sonore et les sources de bruits présentes

Un diagnostic acoustique est d'ailleurs vivement conseillé en rénovation. Il aidera à comprendre la source de l'inconfort (sources de bruit, faiblesse de certaines parois) et les pistes pour y remédier (éloignement des sources, amélioration d'une paroi au niveau acoustique). Le recours à un acousticien sera souvent souhaitable et ce, dès la phase de conception du projet

  • 2. Privilégier les solutions passives : faire les bons choix architecturaux et techniques pour limiter les sources et la transmission du bruit :

    • éloignement le bâtiment ou les locaux calmes des sources de bruit : éviter de placer les espaces communs de circulations à proximité des chambres à coucher par exemple ;
    • orientation des sources de bruit vers des zones moins sensibles ; à contrario les locaux demandant du calme seront par exemple orientés en intérieur d'îlot de préférence ;
    • choix d'équipements particulièrement performants et silencieux (par exemple un système de ventilation silencieux).
  • 3. Les dispositifs repris dans la fiche G_PHY03 – Minimiser la contribution acoustique du bâtiment au quartier, peuvent également s'appliquer pour protéger les occupants d'un bâtiment des bruits venant de l'extérieur. Envisager une (des) mesure(s) d'isolation ou de correction. Le choix de la solution adéquate dépendra de la nature du bruit et du confort acoustique requis dans un lieu déterminé.
  • 4. S'assurer de l'efficacité de ces mesures par leur bonne conception et leur bonne exécution.

De façon générale, la mise en œuvre de mesures d'isolation ou de correction s'avère délicate et mérite d'être soigneusement préparée et réalisée, car le moindre défaut dans le dispositif peut annuler l'effet recherché. Il faudra toujours avoir à l'esprit que le bruit passe où l'air passe et que les vibrations transmises ponctuellement peuvent se propager à tous les étages d'un bâtiment ou au travers de toute sa structure.

Indicateurs

Les indicateurs sont des paramètres objectifs propres à la thématique abordée qui permettent d'évaluer la performance du projet (ou du dispositif) mis en œuvre.

Pour assurer un confort acoustique optimal, la norme NBN-S01-400-1 utilise 4 indicateurs dérivés de mesures in situ.

Ces indicateurs décrivent le niveau sonore des installations, la réverbération sonore dans les locaux et l'atténuation des bruits de choc et des bruits aériens par les parois:

  • L'isolation aux bruits aériens des parois à l'intérieur d'un immeuble, c'est-à-dire leur capacité à ne pas transmettre les ondes acoustiques : DnT,w (dB)
  • L'isolation aux bruits aériens des façades (en fonction du bruit extérieur et notamment routier) à 2 m de la façade : DAtr,w  (dB) ;
  • Le niveau des bruits de chocs se focalise sur les nuisances sonores directement liées aux impacts (ex. : bruit de pas sur un plancher). L'indicateur unique L'nT,w (dB) est obtenu à partir du spectre de niveau de réception normalisé L'nT mesuré in situ avec une machine à chocs. Plus le niveau est faible, mieux c'est.
  • La réverbération T [s] est le temps mis par le son pour diminuer de 60dB lors de l'interruption nette de la source. Les installations techniques ne doivent pas générer un niveau sonore dans les locaux techniques LAinstal,nT (dB) au-delà d'un certain seuil ni générer de dépassements (LASmax,T – LAeq,T) du niveau de bruit de fond (LAeq,T) dans les pièces de vie.

Enfin, en termes de confort, le niveau sonore n'est pas le seul élément à prendre en compte. La durée d'exposition est également importante. L'OMS a édicté des valeurs guides des niveaux sonores et des temps d'exposition maximaux au-delà desquels il est déconseillé d'être exposé (voir fiche G_PHY03 – Minimiser la contribution acoustique du bâtiment au quartier, ou http://documentation.bruxellesenvironnement.be/documents/Bru_37.PDF)

Vue d’ensemble des dispositifs

Afin d'assurer le confort acoustique, le concepteur utilisera différents dispositifs qui peuvent être des éléments de construction traditionnels (murs massifs par exemple) ou des modalités techniques particulières de mise en œuvre ou encore des équipements spécifiques (fixations anti-vibratiles). Ils seront plus ou moins efficaces selon le type de bruit et le type de problème à résoudre (isolation ou correction acoustiques).

Certains sont liés à la conception et à l'architecture et devront être envisagés dès l'esquisse ou l'avant-projet alors que d'autres peuvent être adoptés lors de la préparation des dossiers d'exécution.

Dispositifs

Illustration

Description

Programmation

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Tout comme il est essentiel d'aménager le territoire ou une parcelle pour limiter les conflits en matière de bruit entre fonction voisines, une programmation réfléchie des locaux d'un bâtiment limitera les nuisances acoustiques.

Panneaux absorbant / Panneaux fléchissant / résonateurs

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Dispositifs de correction acoustique (absorption des bruits, modification du temps de réverbération). Notamment dans les salles de cours, les bureaux ou les espaces de circulation.

Sous-couche directement sous plancher

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Solution la plus économique qui consiste à placer un matériau à propriétés résilientes sous le plancher afin de réduire l'intensité des bruits de chocs.

Chappe sèche

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Chape composée de panneaux de sol associés à une couche de matériau isolant posés sur la structure portante et désolidarisés des murs. Elle a pour objectif d'atténuer les bruits de chocs.

Dalle flottante

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Le principe est d'intégrer une couche intermédiaire souple entre la structure porteuse et la chape afin d'éviter la transmission des vibrations de la chape (bruit de chocs) vers la structure porteuse mais également des vibrations extérieures générées sur la structure du bâtiment vers la chape flottante

Faux-plafond désolidarisé

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Le faux-plafond qui consiste en un doublage désolidarisé par « en-dessous » est mis en place afin d'atténuer les bruits de chocs et aériens provenant de la pièce située au-dessus.

Mur massif

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Le mur massif (mur plein en brique voire également en pierre du pays) utilise sa masse pour atténuer la transmission des bruits. Suivant la loi de masse, plus un mur est lourd, meilleure est son isolation aux bruits aériens.

Cloisons de doublage

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La cloison de doublage utilise le principe « masse-ressort-masse » pour atténuer la transmission des bruits aériens. Pour être efficace, le doublage doit être désolidarisé (joint pourtour et ossature) du mur existant.

Cloison légère double

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Les structures légères, comme la construction à ossature en bois (pour l'ensemble d'un immeuble ou uniquement une cloison) ne peuvent pas faire appel à la masse pour assurer une bonne isolation acoustique. Il faut prévoir des systèmes de masse-ressort-masse.

Mur creux

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Ces murs constitués d'un bloc porteur, d'un isolant, d'une lame d'air et d'une brique de parement ne fonctionnent pas comme des parois acoustiques doubles, vu la présence de crochets reliant la maçonnerie aux murs porteurs. Toutefois ces façades sont massives et présentent en général une isolation acoustique suffisante aux bruits aériens (ce sont les ouvertures dans la façade qui représentent les points faibles).

Mur mitoyen indépendant

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Pour assurer la meilleure isolation acoustique possible entre deux habitations, il faut veiller à la désolidarisation totale des murs mitoyens (de la toiture à la semelle de fondation) et ce tant pour isoler des bruits aériens que pour limiter la transmission des bruits de chocs.

Toiture à versant isolée acoustiquement

Pour donner à une toiture à versant de bonnes performances acoustiques, il faut notamment privilégier les sous toitures lourdes et mettre en œuvre un complexe d'isolation qui fonctionne selon le principe masse-ressort-masse. La finition intérieure (plaque de plâtre par exemple) et sa mise-en-œuvre sont également des éléments importants pour limter la transmission des bruits aériens.

Toiture plate isolée acoustiquement

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Le principe est ici aussi, de créer un complexe masse – ressort –masse. La mise en œuvre d'une toiture verte améliore fortement les performances acoustiques d'une toiture plate (problématique principalement de bruits aériens).

Fenêtre

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On veillera à utiliser des doubles vitrages avec des feuilles de verre d'épaisseurs différentes pour éviter la mise en résonance des deux verres et les fortes transmissions de bruits aériens associées à ces fréquences.

Pour augmenter l'amortissement, on remplace un des verres par un verre feuilleté. Ce qui améliore les performances à certaines fréquences (par rapport à un double vitrage de même épaisseur).

En ce qui concerne les triples vitrages, bien que plus performants au niveau isolation thermique, il n'en est pas de même au niveau acoustique. Sauf si les épaisseurs des vitrages sont différentes.

« Boîte dans la boîte »

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http://www.acoustique-et-decibels.fr/isolation-acoustique-type-boite-dans-la-boite

Le principe de la « boîte dans la boîte » consiste à dédoubler l'ensemble des parois d'un local pour les désolidariser et éviter tout contact rigide avec le bâtiment (principe utilisé pour les studios d'enregistrement par exemple). Ce dispositif isole aussi bien des bruits aériens que des bruits d'impact.

Choix d'installations techniques silencieuses (Chaudière, ascenseur, groupe ventilation,…)

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Agir à la source reste la meilleure approche pour réduire les nuisances acoustiques générée par une installation dans le bâtiment même (bruit d'impact et bruit aérien). Choisir des installations techniques les plus silencieuses possible permettra d'augmenter notablement le confort acoustique.

Fixations anti-vibratiles (plots, manchons…)

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Ces dispositifs permettent d'éviter que le bruit d'impacts et les vibrations ne se propage dans l'installation ou dans la structure en empêchant tout contact rigide entre le support et la source de vibration (exemple : interposition de plots et colliers antivibratoires).

Caisson acoustique

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Dispositif qui consiste à entourer la source de bruit de façon la plus étanche possible. Il est efficace car proche de la source. L'isolation offerte atteint facilement 20 dB et peut grimper à plus de 40 dB. A choisir après avoir sélectionné l'installation la plus silencieuse.

Ecran acoustique

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Image source : vademecum bruit routier IBGE

Dispositif efficace pour empêcher le bruit aérien de se propager (écrans anti-buits par exemple, ou encore bâtiment « non sensible » comme un garage ou un ateliers,…).

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Eléments du choix durable

Introduction

Le chapitre ci-dessous développe les arguments permettant à l'utilisateur du guide de choisir et de développer la meilleure solution pour chaque projet spécifique. Cette partie de la recommandation détaille les avantages, les inconvénients, les éventuels freins et moteurs relatifs aux dispositifs.

Aspect technique

Complexité de la performance acoustique

L'acoustique est complexe à différents niveaux :

  • Les différents types de bruit : aérien, d'impact, d'équipements
  • Son caractère exponentiel (voir la notion de dB)
  • La nécessité d'une mise en oeuvre extrêmement soignée : c'est le point le plus faible d'une paroi qui détermine sa performance d'isolation. Un trou, une fente, un contact peut ruiner les efforts acoustiques de toute une paroi
  • L'encombrement des éléments d'isolation ou de correction qui peuvent dans certains cas ajouter une surépaisseur aux parois
  • La variété des dispositifs possibles qui dépendent de la nature de la structure (béton, bois, etc.) et de type de travaux (construction neuve ou rénovation)

Il est donc capital de veiller à prendre en compte la dimension acoustique dès les premières esquisses tant au niveau de l'implantation du bâtiment et de l'organisation des locaux que de la nature des parois (et leur encombrement) afin de limiter les mesures correctives à prendre.

Quelles mesures pour atténuer les bruits aériens ?

Pour diminuer la transmission des bruits aériens, il convient de jouer à la fois sur la masse (loi de masse et diminution de l'énergie transmise quand la paroi « s'alourdit ») mais également sur le déphasage des ondes – principe masse-ressort-masse - (choix d'un complexe de doublage acoustique dont la performance sera fonction de la qualité acoustique de la paroi support, de l'épaisseur du doublage et du poids de son parement).

Différentes solutions existent : dalle flottante, faux plafond, cloison de doublage...

L'emploi d'une stratégie acoustique utilisant la masse nécessite d'adapter les capacités structurelles du bâtiment. En rénovation, ce n'est pas toujours possible. Il faudra alors exploiter au mieux les systèmes acoustiques légers (faux-plafond, doublage intérieur des murs...).

La réalisation de ces parois multi-couches nécessite une réflexion sur la façon de solidariser celles-ci. On évitera autant que possible, dans un souci de qualité de l'air, l'usage de colles (voir recommandation G_WEL05 – Assurer le confort respiratoire).

D'autre part, la mise en œuvre de chacune de ces solutions devra être parfaite afin d'éviter toutes les transmissions parasites (par exemple via les parois latérales et les supports).

Quelles mesures pour atténuer les bruits d'impact ?

Pour limiter la transmission des bruits de chocs, c'est principalement le déphasage des ondes qui sera efficace. Les dalles flottantes et les sous-couches sont des solutions pour déphaser les ondes. Au plus bas sera la couche de désolidarisation dans la composition du plancher, au meilleur sera le résultat.

Mais le choix de la surface sur laquelle le choc a lieu aura également un impact sur les bruits de choc : on comprend vite qu'un tapis plein est plus performant à ce niveau que du carrelage ! Le choix devra néanmoins concilier l'objectif de confort acoustique avec les contraintes d'entretien, de résistance à l'usure (voir recommandation G_MAT11 - Choix durable des revêtements de sols intérieurs) et de qualité de l'air (voir recommandation G_WEL05 – Assurer le confort respiratoire).

Choix du type d'isolant thermique et acoustique

Vu la similitude des matériaux utilisés dans les isolations acoustique et thermique, on pourrait supposer que l'isolation thermique assure de facto l'isolation acoustique, ce qui n'est pas le cas. Une isolation acoustique efficace va dépendre des qualités acoustiques des matériaux (ex : densité, type de porosité) mais aussi de la manière dont les éléments de la paroi vont être mis en œuvre (étanchéité, désolidarisation, effet masse-ressort-masse…).

Ainsi, l'utilisation d'un isolant thermique rigide comme doublage (mousse polyuréthane ou de type polystyrène rigide) n'aura généralement aucune amélioration acoustique. En cas de faible épaisseur de l'isolation, ce type de doublage pourrait même détériorer les performances initiales de la paroi !

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Illustration 4 : Quelques exemples d'isolant thermique rigide ayant un effet négligeable au niveau acoustique. De gauche à droite, polyuréthane, polystyrène expansé, polystyrène extrudé (source Energie +)

Les isolants ayant un bon comportement acoustique sont bien souvent les isolants souples et dont la densité n'est pas trop élevée. On retiendra entre autre la laine de verre mais également les matériaux plus écologiques que sont la fibre de bois

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Illustration 5 : Quelques exemples d'isolant thermique souple ayant de bonne performance acoustique (lorsqu'utilisé dans un système de doublage par exemple). De gauche à droite, laine de verre, matelas de fibre de bois ou de chanvre, laine de plume, laine de mouton.

Construction ossature bois et respect de la norme

Selon la « loi de masse », plus un matériau est lourd (dense et épais), plus il isole. Ce principe met en évidence l'intérêt des matériaux massifs dans l'acoustique architecturale. La présence de masse est particulièrement efficace dans l'atténuation des bruits aériens, puisque les ondes de l'air auront plus de difficultés à faire vibrer un élément lourd.

La construction à ossature en bois, de par son faible poids, ne facilite pas l'obtention de bonnes performances acoustiques. Etant donné qu'on ne peut compter sur la masse des parois, il y a lieu d'adopter d'autres principes acoustiques, comme celui de la double paroi ou de l'effet «masse-ressort-masse ». Ils permettront d'atteindre un confort acoustique satisfaisant pour l'intérieur d'une habitation sans engendrer de surcoût notable lors la construction.

Ils sont par contre insuffisants pour respecter les exigences de la norme dans le cas d'appartements et des maisons mitoyens. Il faut alors envisager d'augmenter la masse des parois, de réaliser une plus grande désolidarisation et de traiter les voies latérales (càd toutes les parois périphériques, voir illustration ci-dessous) qui jouent un rôle important dans la transmission des ondes sonores.

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Illustration 6 : Distinction entre la propagation acoustique directe au travers d'une cloison (flèche) [4]) et les transmissions par voies latérales par exemple via le plancher et le plafond (flèches [5] et [6]). Source : http://www.rockwool.fr/

Une étude acoustique approfondie est recommandée en cas d'exigences fortes en termes de confort acoustique.

Aspects environnementaux

Impact environnemental des matériaux acoustiques

Il existe des matériaux écologiques pouvant être utilisés dans la mise en œuvre de la plupart des solutions d'isolation et de correction acoustique. Ceux-ci sont détaillés plus bas dans les dispositifs 1 à 11.

Pour faire un choix parmi les produits vendus sur le marché, on observera :

La nature du matériau (de préférence organique)

L'homogénéité du matériau ou la possibilité de dissocier les éléments (ceci pour permettre leur recyclage en fin de vie)

Les recommandations suivantes permettent d'approfondir les questions environnementales et écologiques des matériaux :

G_WEL04 - Eviter les polluants intérieurs

G_MAT06 - Choix durable des matériaux de parement 

G_MAT09 - Choix durable des murs non porteurs et cloisons

G_MAT10 - Choix durable des revêtements de murs intérieurs et plafonds

G_MAT11 - Choix durable des revêtements de sols intérieurs.

Précaution environnementale envers les complexes de doublages

Il existe sur le marché des produits combinant des matériaux organiques jouant le rôle de masse combinés à des plaques fibreuses servant de ressort acoustique. C'est par exemple le cas des panneaux de fibres végétales ou de laine collés sur plaque de plâtre. Pour des raisons de recyclage et de gestion des déchets, il convient en général d'éviter ces complexes de doublages. Le collage nuit à la dissociation des matériaux, essentielle au recyclage, et présente également des risques pour la santé des occupants (voir recommandations G_WEL04 - Eviter les polluants intérieurs, G_MAT04 - Choix durable des matériaux d'isolation thermique, G_MAT09 - Choix durable des murs non porteurs et cloisons et G_MAT 10 - Choix durable des revêtements de murs intérieurs et plafonds).

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Illustration 7 : Complexe de doublage utilisé pour l'isolation thermique et acoustique. A gauche : laine de roche ou fibre de bois sur fibro-plâtre. A droite : laine de verre sur carton-plâtre. Source : www.fermacell.be, www.bpbbelgium.be

Envisager une toiture verte ?

  • Une toiture verte pourrait être un moyen de créer un complexe masse – ressort –masse au niveau d'une toiture, le rôle des deux masses étant joué par la structure porteuse d'une part et le substrat d'autre part.

Attention ! Si l'épaisseur d'isolation nécessaire est peu importante vis-à-vis de son rôle acoustique, elle doit cependant rester conforme aux exigences thermiques en vigueur si la toiture sépare un espace chauffé de l'extérieur !

La mise en œuvre d'une toiture verte améliore fortement les performances acoustiques d'une toiture plate. L'amélioration dépendra de l'épaisseur de terre et du type de substrat, ainsi que de la végétation plantée. L'atténuation dépendra de la structure porteuse (légère en bois ou massive en béton armé).

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Illustration 8 Schéma de principe de composition d'une toiture verte extensive .

Pour plus de détails sur les toitures vertes, voir la recommandation G_NAT02 - Réaliser des toitures vertes.

Aspects économiques

Le coût du confort acoustique dans un bâtiment neuf résulte :

  • De façon directe d'une combinaison de solutions architecturales (parois, désolidarisation, …) et techniques (choix d'équipements performants, silencieux, …)
  • et de façon indirecte de l'encombrement (occupation de l'espace) de ces solutions.

Pour le réduire, il est donc important d'intégrer la problématique dès l'avant-projet pour limiter les solutions à mettre en place par une bonne conception des locaux, et en intégrant au mieux l'espace nécessaire à ces solutions dans l'architecture du bâtiment.

Assurer le confort acoustique en rénovation peut s'avérer beaucoup plus coûteux qu'en construction neuve puisque l'architecture ne peut plus être optimisée en fonction de cette contrainte. Les objectifs de performance doivent alors dans certains cas, notamment lorsqu'il s'agit d'agir sur la structure du bâtiment, être revus à la baisse pour permettre la viabilité financière du projet.

Par contre, combiner isolation acoustique et thermique lors d'une même rénovation permet, sous réserve du choix de techniques appropriées, d'optimiser les coûts et augmente sensiblement le confort et dans tous les cas.

Compromis

Assurer un confort acoustique de qualité peut avoir une répercussion au niveau du budget mais garantit une bonne qualité de vie des utilisateurs du bâtiment. Le confort acoustique élémentaire constitue un compromis entre les exigences, le niveau de confort acoustique désiré par les utilisateurs et la faisabilité technico-économique.

Ceci est particulièrement vrai dans le cas d'une rénovation. D'où l'intérêt du diagnostic acoustique pour également vérifier ce qui est réalisable ou non!

Productivité au travail

La mise en œuvre d'une paroi assurant de bonne acoustique architecturale peut représenter un surcoût qui mérite d'être mis en parallèle avec les gains de productivité au travail qui en résultent.

A titre d'illustration, le graphique ci-dessous montre la perte d'efficacité de 20 à 30% liée à une augmentation du niveau de bruit de 10 à 15 dB dans un centre de tri postal :

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Illustration 9 : Effet du niveau de bruit sur l'efficacité du tri postal (d'après Kovrigin, Mikheyev, 1965). Source : Effet du bruit sur l'homme, Jacques Jouhaneau, Technique de l'ingénieur

Stabilité des locataires

Un confort acoustique de qualité contribue à la stabilité des locataires au sein d'un logement. En effet, une mauvaise isolation acoustique est souvent un des motifs de déménagement. A chaque fin de bail, la recherche de nouveaux locataires et les périodes vacantes peuvent être coûteuses en temps, et en argent.

Anticipation versus correction

Assurer le confort acoustique d'un bâtiment nécessite de prendre des précautions le plus en amont possible du projet, au niveau de la programmation et de l'avant-projet, car toutes les corrections appliquées ultérieurement coûteront plus cher et leur mise en œuvre sera moins aisées.

Agir à la source

La solution la plus efficace est d'agir directement à la source du bruit, notamment pour les installations HVAC. Le surcoût d'un modèle plus silencieux, s'il est placé dans des conditions optimales au niveau acoustique, peut être largement compensé car il permet de se passer de cloison ou de mur antibruit (et dans certains cas de silencieux).

Primes

La Région Bruxelloise offre des aides financières pour certains travaux d'isolation acoustique, en rénovation. Toutes les informations nécessaires sont disponibles sur le site de Bruxelles Environnement (www.bruxellesenvironnement.be)

Aspects socio-culturels

Impacts du bruit sur la santé

A long terme, le bruit peut générer des impacts négatifs sur la santé des utilisateurs.

En effet, l'excès de bruit, seul ou combiné à des troubles du sommeil qu'il engendre, peut être la cause de stress, de difficultés de communication (conversation, enseignement, étude,...) et des modifications du comportement social (agressivité, manque d'entraide, isolement,...).

A contrario, assurer le confort acoustique permet d'améliorer la qualité de vie des occupants du bâtiment.

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Relations de voisinage et de travail

Garantir une bonne isolation acoustique entre les logements contribue à de bonnes relations entre voisins. Dans un milieu professionnel, il améliore la qualité et l'ambiance de travail.

Masquage et confort intérieur

Attention, il faut garder à l'esprit que renforcer l'insonorisation d'une façade pour se protéger du bruit extérieur (route par exemple) provoque une réduction du bruit ambiant à l'intérieur de l'habitation.

Le bruit ambiant dans l'habitation diminuant, l'« effet de masque » qu'il offrait contre le bruit des voisins disparait, augmentant le risque de plaintes pour bruit de voisinage... Pour atténuer la transmission du bruit d'une habitation vers une autre, il est possible d'agir sur l'isolement acoustique des parois communes et sur les revêtements de sol.

Problèmes de santé liés à la pose des laines isolantes

La pose des laines minérales est irritante pour les voies respiratoires, la peau et les yeux, et peut provoquer l'irritation des voies respiratoires. Les précautions d'emploi des fabricants doivent être scrupuleusement suivies (équipements de protection respiratoire et la ventilation des locaux lors de la pose). Dans une logique d'architecture durable, le critère de santé plaide une fois de plus en faveur des isolants de source végétale ou animale (cellulose, coton, laine, chanvre, plume).

(Voir recommandations G_WEL04 - Eviter les polluants intérieurs et G_MAT04 - Choix durable des matériaux d'isolation thermique).

Synthèse des éléments du choix durable

Certains éléments sont fortement liés à la conception et à l'architecture et devront être envisagés dès l'esquisse ou l'avant-projet alors que d'autres peuvent être adoptés lors de la préparation des dossiers d'exécution.

Dispositifs

Solution compatible dans un projet de rénovation?

Aspects techniques

Aspects économiques et environnementaux

Atténuation du bruit aérien

Réduction des bruits de choc (hors installations)

Réduction du bruit des installations (à la source)

Réduction du bruit des installations

Confort acoustique du local (réverbération)

Matériau Absorbant / Panneaux fléchissants / résonateurs

Oui

-

- *

-

-

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Sous-couche directement sous plancher

Oui

-

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-

-

-

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Chappe sèche

Oui

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-

-

-

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Dalle flottante

Complexe

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-

-

-

x

Faux-plafond désolidarisé

Complexe

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-

-

-

x

Mur massif

-

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-

-

-

-

-

Cloison de doublage

Oui

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-

-

-

-

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Cloison légère double

-

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-

-

-

-

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Mur creux

-

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-

-

-

-

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Mur mitoyen indépendant

-

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-

-

-

-

x

Toiture à versant isolée acoustiquement

Oui

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-

-

-

-

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Toiture plate isolée acoustiquement

Oui

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-

-

-

-

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Fenêtre à double vitrage standard ou basse émissivité

Oui

-

-

-

-

-

-

Fenêtre à triple vitrage non feuilleté

Oui

x

-

Fenêtre à isolation acoustique supérieure (vitrage feuilleté)

Oui

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-

-

-

-

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Choix d'installation technique silencieuse

Oui

-

-

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-

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Implantation dans le bâtiment

Complexe

-

-

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-

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Fixations anti-vibratiles (plots, manchons…)

Oui, sous réserve faisabilité technique

-

-

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-

-

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Caisson acoustique

Oui, sous réserve faisabilité technique

-

-

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-

x

Tableau 5 : synthèse des éléments du choix durable pour assurer le confort acoustique

* sauf si l'absorption acoustique est obtenue avec un revêtement de sol

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signifie que le dispositif est performant ou que son impact financier et environnemental est très faible

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signifie que le dispositif est satisfaisant

x

signifie que le dispositif est à utiliser en dernier recours ou que son impact financier et environnemental est important
-signifie que le dispositif n'est d'aucune utilité

Arbitrage

Acoustique et inertie thermique du bâtiment

De bonnes performances acoustiques passent souvent par le doublage des parois intérieures, en ajoutant des faux-plafonds, etc… Ces techniques, en rendant inaccessible la masse du bâtiment, diminuent l'inertie thermique et augmentent le risque de surchauffe (voir recommandation G_ENE05 - Assurer une grande inertie thermique).

Si l'objectif est d'atténuer la réverbération (correction acoustique), des solutions existent pour conserver l'accès à la masse thermique du bâtiment tout en diminuant les réflexions.

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Illustration 10 : Plafonds acoustiques partiels favorisant l'inertie thermique (Batex 065-Marly à gauche et 014-Van-Pe à droite)

Acoustique et flexibilité

Un juste compromis devra être trouvé entre

  • la performance acoustique, qui se réalise au mieux en utilisant de la masse,
  • la flexibilité, favorable à une grande pérennité du bâtiment, qui elle se réalise au mieux avec des éléments légers, faciles à démonter, déplacer, remplacer.

Acoustique et ventilation

Le recours à un système de ventilation de type C ou A nécessite de créer des ouvertures d'amenée d'air réglables (OAR) dans les façades ou châssis, ce qui peut en dégrader fortement les performances acoustiques. Des solutions de grilles acoustiques existent.

Un système D est généralement plus performant à ce niveau puisqu'il n'affaiblit pas la performance acoustique d'une façade, pour autant que le groupe de ventilation ne génère des nuisances acoustiques au sein même du bâtiment ! Une bonne conception devrait éviter cela : prévoir des silencieux au niveau des gaines sortant du groupe, maîtriser la vitesse d'écoulement de l'air dans les conduites, éviter de laisser les vibrations du groupe se propager à la structure du bâtiment via des plots anti-vibratiles, ne pas positionner le groupe de ventilation trop proche des pièces sensibles comme les chambres…

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Illustration 11 : Dispositifs acoustique présents sur le réseau aéraulique d'un système de ventilation double flux (silencieux)

Projet de 14 logements collectifs à Molenbeek-Saint-Jean pour le Fonds du Logement RBC (1.830 m²) (projet Batex [060] L'ESPOIR) - Architecte : Damien Carnoy Architectes

Voir recommandations G_ENE02 – Concevoir un système de ventilation énergétiquement efficace et G_WEL05 - Assurer le confort respiratoire.

Mise en œuvre commun à tous les dispositifs

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Conception

Introduction

Un projet durable qui prend en compte le confort acoustique se conçoit dès l'esquisse architecturale et s'affine au fur et à mesure du développement du projet jusqu'à la finalisation du dossier de demande de permis d'urbanisme. Les informations qui suivent précisent pour l'ensemble des dispositifs les points d'attention lors de la conception.

Méthodologie

Etapes

Actions

Programmation

1. Identifier l'environnement sonore existant et définir les éléments qui auront un impact sur le confort acoustique

2. Définir les espaces du projet en fonction de leur impact acoustique potentiel et/ou du niveau de confort acoustique attendu

Esquisse et avant-projet

3. Intégrer la question acoustique à la conception architecturale et technique pour s'assurer une isolation aux bruits: extérieurs au local

3.1. Se protéger des nuisances acoustiques provenant de l'extérieur du bâtiment (orientation du bâtiment, agencement des locaux, emplacement des sources de bruits)

3.2. Agir à la source des bruits

3.3. Performance acoustiques des différentes parois 

3.3.1. Principes

3.3.2. Performances

3.3.3. Types de parois ou de finitions

3.3.3.1. Murs massifs

3.3.3.2. Murs de façade

3.3.3.3. Choix de la fenêtre

3.3.3.4. Murs mitoyens

3.3.3.5. Cloison de doublage

3.3.3.6. Cloison légère double

3.3.3.7. Toitures

3.3.3.8. La chape flottante

3.3.3.9. Faux-plafond

3.3.3.10. Revêtement de sol

4. Intégrer la question acoustique à la conception architecturale pour s'assurer une acoustique optimale du local

4.1. Forme du local

4.2. Choix des matériaux de finition intérieure

4.3. Ajuster les surfaces réfléchissantes et absorbantes, y compris dans les locaux techniques ou bruyants

Projet

5. Assurer la finition des parois des locaux techniques et respecter les consignes de mise en œuvre des équipements

Tableau 6 : Méthodologie pour assurer le confort acoustique

1. Identifier l'environnement sonore existant et les sources de bruits existantes

Dans le diagnostic de départ, il est important d'identifier les sources de bruit et de vibration existantes et potentielles en évaluant les données disponibles, par exemple en réalisant une enquête de perception ou des mesures sur le site ou encore en utilisant les cartes de niveaux sonores. Cette étude acoustique consistera à :

  • Repérer et identifier les sources de bruit existantes à proximité du projet (chemin de fer, ligne de tram, aéroport ou couloir aérien, circulation automobile) mais également (en cas de rénovation) dans le bâtiment (équipements, activités, circulations internes)

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Illustration 12 : http://www.leparisien.fr/

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Illustration 13 : www.rtbf.be

(http://www.rtbf.be/info/regions/detail_bruxelles-la-stib-rappelle-que-le-tram-a-toujours-la-priorite?id=7869271)

  • Comprendre la nature de ces bruits (haute fréquence, basse fréquence, aérien, d'impact, intensité) afin d'évaluer les solutions à mettre en œuvre.
  • Analyser leur mode de propagation.

Pour les sources liées aux transports, une première évaluation de la charge acoustique qui pèse sur le quartier pourra être faite en se basant sur la cartographie du bruit, notamment la carte multi-expositions (avion, route, fer, tram et métro), éditée par Bruxelles Environnement.

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Illustration 14 : Cadastre du bruit multi-exposition de 2006 (publié en 2010), Indicateur Lden. Source www.ibgebim.be (http://documentation.bruxellesenvironnement.be/documents/Bruit_atlas_Cartographie_2010.PDF)

2. Définir les espaces du projet en fonction du niveau de confort acoustique attendu

Garantir le confort acoustique dans un bâtiment nécessite en premier lieu de différencier le type d'occupation et d'utilisation de chaque local (travail, repos, discussion, tâches fonctionnelles,…) afin de mieux en évaluer les exigences sur le plan acoustique.

Ainsi les chambres d'habitations, d'hôtels, de maisons de retraite, d'hôpitaux, les salles de repos d'une crèche, mais également les lieux d'études et de concentration (bibliothèques, etc.) sont les pièces qui exigent le plus de tranquillité. Il faudra les protéger non seulement des bruits extérieurs mais également des bruits venant d'autres pièces intérieures (salle de bain, cuisine, buanderie, salle d'activité, de sports, salle de réunion,…). Ces bruits intérieurs émergent de façon importante la nuit puisqu'en principe, le niveau sonore extérieur diminue (limitant ainsi l'effet de masque). Ils seront donc traités avec d'autant plus de précaution qu'il s'agit de locaux de repos ou locaux dits « sensibles ».

Les séjours et salles de classes sont quant à eux des espaces plus complexes car ce sont des lieux d'activités tantôt tranquilles (lecture, cours calme), tantôt moins (réunion de famille, échanges entre élèves). Le confort acoustique doit dès lors être vu à la fois comme une protection vis-à-vis du bruit du voisinage mais également comme une possibilité donnée aux occupants de vivre sans constamment se soucier de la gêne pour l'entourage (protection, intimité).

Pour les cuisines, salles d'eau et WC, le confort sonore est moins important puisque celui-ci est déjà impacté par les bruits engendrés par les équipements présents (lave-vaisselle, frigo, lave-linge, séchoir, canalisations, douches,…) Il en sera de même pour les locaux techniques (groupe de ventilation, chaufferie, machinerie d'ascenseur…), des espaces de circulation voire également les accès à des garages partagés (on pense en particulier aux portes mécaniques de garages).

De la même façon, tous les espaces qui font partie du projet (atelier, magasin de détail, bureau ou autre) doivent faire l'objet d'une identification de leur impact acoustique potentiel au sein du bâtiment dès les premières esquisses.

Enfin, limiter les surfaces de séparation : chaque m² de mur ou de plancher de séparation entre des espaces contigus représente un diffuseur sonore de plus. Plus cette surface de séparation est développée, plus la transmission du bruit est importante.

3. Intégrer la question acoustique à la conception architecturale et technique pour s'assurer une isolation aux bruits extérieurs au local :
3.1 Orientation du bâtiment, agencement des locaux, emplacement des sources de bruits

L'implantation, l'agencement des bâtiments en mitoyenneté ou en ordre ouvert reliés ou non par un mur de clôture ainsi que l'aménagement d'espaces tampons ou de zones de recul entre la source de bruit et le bâtiment influencent la manière dont le bruit atteint les lieux où on recherche le calme. La volumétrie et le gabarit du bâtiment ont également un impact (voir G_PHY03 – Minimiser la contribution acoustique du bâtiment au quartier)

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Illustration 15 : Vue aérienne d'un projet mixte de logement plurifamilial et d'espaces commerciaux situé chaussée de Waterloo à Uccle (MO : Urbanscape - 2.070 m²) (projet Batex [013]) - Architecte : B612 Associates

L'orientation des logements est étudiée pour les préserver du bruit de la circulation.

Source : Googlemap

Plus spécifiquement au sein du bâtiment, le traitement préventif des bruits commence dès la programmation et l'esquisse des plans. On cherchera à :

  • Éloigner les pièces sensibles des sources de bruit (chambres en intérieur d'ilot et non côté rue) et inversement éloigner les sources de bruits des pièces sensibles (équipements techniques si possible dans locaux techniques, eux-mêmes positionnés de façon judicieuse) ;
  • Regrouper toutes les pièces de mêmes destinations (y compris sur plusieurs étages en les superposant). C'est notamment le cas des pièces d'eau où le revêtement de sol augmente les bruits d'impact ;
  • Eviter les points faibles dans les parois séparant deux espaces (percements de canalisation, prise ou interrupteur électrique dos à dos par exemple) ou du moins les éloigner les uns des autres (exemple : éloigner les portes de deux chambres voisines) ;
  • Créer des espaces tampons entre les zones sensibles et les zones bruyantes : création d'un sas d'entrée, création d'une double porte entre un logement et un cabinet médical, aménagement de placards entre deux pièces (les vêtements joueront également le rôle d'absorbant pour renforcer l'efficacité du système) ;

Isoler les espaces sensibles selon le principe de la "boite dans la boite" (voir paragraphe dispositif). Exemple : studio d'enregistrement.

  • permettre aux habitants d'un bâtiment de disposer d'au moins une pièce où les nuisances acoustiques provenant des modes de transport (routier, ferré, aérien) sont limitées. De ce fait, il sera possible d'ouvrir les fenêtres ou de profiter des balcons/terrasses sans désagréments. Dans le cas de quartier bruyant, l'idéal serait de réussir à créer un écart de 20 dB entre la façade la plus exposée et la moins exposée au bruit (façade calme).
3.2 Agir à la source

Réduire les bruits à la source permet de diminuer les interventions à d'autres niveaux et par conséquent les investissements liés au traitement acoustique. Ce point fait l'objet d'une analyse plus détaillée dans la recommandation G_ PHY03 - Minimiser la contribution acoustique du bâtiment au quartier, concernant le bruit des installations.

Le bruit peut également provenir de l‘activité dans les différentes pièces de vie, éventuellement « amplifié » par l'acoustique du local. A ce niveau, on veillera à :

  • Atténuer le bruit des installations de ventilation
  • Atténuer le bruit des installations de chauffage
  • Atténuer le bruit des installations sanitaires

Atténuer le bruit des installations de ventilation

Pour y parvenir, on gardera notamment à l'esprit les éléments suivants :

  • Choisir des ventilateurs silencieux et ayant une faible vitesse de rotation (recherche de la « meilleure technologie disponible »);
  • Optimiser les périodes de fonctionnement en fonction de l'occupation ou du niveau de pollution intérieure (ventilation « à la demande ») ;

Régulation

%

Niveau de pression acoustique pour une surface d'absorption de 10 m² ; Lp(1°), dB(A)*

Montage sur hotte

Montage mural

45

31

29

55

32

33

65

33

36

73

35

38

85

37

39

100

40

43

Tableau 7 : Niveau sonore en périphérie

Niveau de pression acoustique en dBA pour un groupe de ventilation double flux à différent niveau de fonctionnement (pleine puissance = 100%). On observe que le bruit de l'installation est d'autant plus faible qu'il tourne à faible régime. (source www.codume.com)

  • Dimensionner le réseau de gaines de ventilation pour que la vitesse de l'air ne dépasse pas 3 à 4 m/s. Ces conduits doivent être étanches.
  • Désolidariser les conduits des planchers par un matériau antivibratoire.
  • Désolidarisation des conduits au passage d'un plancher

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Illustration 16 : Support élastique et manchon de désolidarisation entre une gaine de ventilation et la structure

  • Relier les conduits d'aérations au ventilateur avec des manchons souples et poser le ventilateur sur une dalle en béton reposant sur des plots antivibratoire.

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Illustration 17 : Plot antivibratoire au niveau d'une pompe à chaleur (http://www.pompe-a-chaleur-idf.com/la_vie_des_pompes_a_chaleur.htm)

  • Munir les conduits et les bouches de ventilation de silencieux.
  • Réaliser des entrées d'air acoustique qui permettent le passage de l'air, mais limitent les entrées sonores par des chicanes et des matériaux absorbants le long du trajet (attention cependant aux pertes de charges)
  • Eviter les gaines en matériaux rigides et légers pour les trémies. Préférer l'utilisation de matériaux lourds ou de plusieurs plaques de (fibro-) plâtre entre lesquelles est placé un isolant compressible
Gaine en matériaux lourds ≥ 150 kg/m²Gaines en plaques de plâtre et laine minérale

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Illustration 18 : Fermeture de gaine technique optimisée au niveau acoustique

  • Proscrire deux bouches situées au même niveau, sur le même conduit de ventilation, desservant deux appartements différents. Les bouches doivent être éloignées de 5 mètres minimum. Le mieux est de séparer les conduits et de desservir les étages pairs avec un conduit et les étage impairs avec l'autre conduit (notion de ponts phoniques ou interphonie)

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Illustration 17 : mauvaise conception du système de ventilation, les bruits d'un local se propagent dans l'autre via le réseau de ventilation (on parle d'interphonie) (source: Memento acoustique, Guide des réglementation et solutions, Création France Air 2001, www.france-air.com)

Atténuer le bruit des installations de chauffage

Pour y parvenir, on gardera notamment à l'esprit les éléments suivants :

  • Dans le cas d'une installation centralisée, éloigner la chaufferie des autres locaux (sensibles). Si le chauffage de logements dans un immeuble à appartements est assuré de façon individuelle, veiller à positionner la chaudière loin d'une pièce sensible ;
  • Choix d'une chaudière particulièrement silencieuse et émettant peu de vibrations. Des efforts considérables ont été réalisés ces dernières années sur les chaudières gaz à ventouses notamment (choix de la « meilleure technologie disponible sur le marché ») ;
  • Prévoir le local de chauffe avec des dimensions adéquates (un local correctement proportionné par rapport à l'installation qui s'y trouve est moins sensible à la résonance sonore) ;
  • Limiter la vitesse de l'eau à 1m/s dans les canalisations ;
  • Désolidariser les canalisations par rapport à la structure du bâtiment (murs, planchers, etc.) au moyen de colliers et fourreaux en matières résiliente
  • Désolidariser les appareils par rapport à la structure du bâtiment au moyen de plots ou fixations antivibratoires.

Capotage du brûleur

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Désolidarisation de la chaudière / sol

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Illustration 19 : Support antivibratile entre une installation technique et la dalle de sol

Atténuer le bruit des équipements sanitaires

Pour y parvenir, on gardera notamment à l'esprit les éléments suivants :
  • Limiter la pression du système de distribution à 3 bars et limiter la vitesse de l'eau dans les canalisations (maximum 3 m/s)
  • Préférer les canalisations lourdes aux canalisations légères
  • Respecter le diamètre minimal des canalisations d'alimentation des appareils sanitaires
  • Désolidariser les canalisations par rapport à la structure du bâtiment (murs, planchers, etc.) au moyen de colliers et fourreaux en matières résiliente

Collier antivibratoire

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Canalisation + fourreau

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Evacuation des eaux usées – principes

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Illustration 20 : Manchon de désolidarisation entre les conduites et les parois du bâtiment

  • Choisir des appareils silencieux et émettant peu de vibrations.
  • Désolidariser les appareils sanitaires par rapport à la structure du bâtiment.

Désolidarisation d'une baignoire

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Désolidarisation d'un bac de douche

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Désolidarisation d'un lavabo

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Illustration 21 : Exemple d'éléments pour désolidariser les appareils sanitaires par rapport à la structure du bâtiment

Remarque : certains de ces aspects sont abordés dans la fiche G_ PHY03 - Minimiser la contribution acoustique du bâtiment au quartier, sous l'angle du bruit rayonné à l'extérieur (choix du matériel, désolidarisation, horaire de fonctionnement, emplacement, entretien).

3.3 Performance acoustiques des différentes parois

Principe : Dans la composition de la structure et des parois, on sera attentif à :

Créer de la masse : selon la « loi de masse », plus un matériau est lourd (dense et épais), plus il isole, particulièrement des bruits aériens (les ondes de l'air auront plus de difficulté à faire vibrer un élément lourd qu'un élément léger). La masse a cependant moins d'impact sur les bruits de chocs.

Déphaser les ondes : Le spectre du son comporte toute une série de fréquences et de longueurs d'ondes différentes. Chaque matériau, par ses propriétés physiques et sa masse, absorbe une tranche sélective de ces ondes. La création d'un complexe de couches hétérogènes est donc particulièrement efficace dans le captage de la globalité des phases du son. Il s'agit de varier l'épaisseur et la densité volumique des matériaux employés dans l'élément acoustique. C'est le principe Masse/Ressort/Masse. Avec si possible un « ressort » qui absorbe les mouvements et dissipe l'énergie.

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Illustration 22 :.Projet de 14 logements collectifs à Molenbeek-Saint-Jean pour le Fonds du Logement RBC (1.830 m²) (projet Batex [060] L'ESPOIR) - Architecte : Damien Carnoy Architectes

Une attention particulière a été portée à l'acoustique des logements

Désolidariser : Afin d'éviter la propagation des vibrations et bruits d'impact, la désolidarisation des différents éléments (cloison – plancher, mur – plancher, canalisation – mur, etc.), au moyen de joints souples, doit être maximale. On limite ainsi les transmissions latérales (« flanking transmission »). Il sera parfois nécessaire de créer des coupures dans la structure pour empêcher la transmission des bruits de chocs.

  • Etanchéité à l'air de l'enveloppe : Les effets des efforts d'isolation acoustique ne s'additionnent pas : c'est le point le plus faible d'une paroi qui détermine sa performance d'isolation. Un trou, une fente, le passage d'une canalisation, un mauvais jointoiement au pourtour d'un châssis ou une fissure peut ruiner les efforts acoustiques de toute une paroi. Il faut donc rechercher une étanchéité et une homogénéité maximale de la paroi pour limiter le risque de fuites sonores. C'est simple : là où l'air passe, le bruit passe. Une bonne isolation acoustique suppose nécessairement une bonne étanchéité à l'air qui ne doit toutefois pas s'opérer au dépend d'une ventilation saine des espaces (voir à ce sujet les recommandations G_WEL04 – Eviter les polluants intérieurs et G_ENE02 - Concevoir un système de ventilation énergétiquement efficace.

Performances

En fonction des objectifs à atteindre, les parois devront présenter différents niveaux de performances. Plus les objectifs seront ambitieux, plus les performances seront élevées mais également complexes à évaluer. Le recours à un acousticien s'impose pour les projets les plus complexes.

La totalité des parois doivent toujours être considérées: renforcer de manière excessive les parois vis-à-vis de l'extérieure pourrait conduire à l'émergence des bruits intérieurs (réduction de l'intimité des logements, conflits de voisinage potentiel). Rien ne sert donc de renforcer une zone pour laisser le bruit venir des parties laissées faibles !

Il existe différents indicateurs permettant de mesurer et comparer les performances acoustiques des matériaux et des produits du bâtiment. Il est important de ne pas les confondre. Certains indices diminuent lorsque la performance augmente (exemple : pour évaluer l'aptitude à transmettre un bruit de choc, plus l'indice est faible mieux c'est) alors que d'autre augmente (exemple : l'indice de transmission acoustique augmente lorsque l'isolation de la paroi augmente).

Une petite règle simple, la loi de masse, existe pour évaluer l'indice d'affaiblissement acoustique d'une paroi en fonction de la masse. Elle ne permet cependant pas de prendre en compte le phénomène de résonance « fréquence masse-ressort-masse » des parois complexes composées de différentes couches ni la chute d'isolation qui se produit à proximité de la fréquence dite critique (voir par après). Il n'existe malheureusement pas non plus de loi simple permettant d'évaluer l'isolation d'un mur ou d'un plancher au bruit de choc. Une évaluation expérimentale reste généralement la seule solution.

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Illustration 23 : Appareil utilisé pour générer des chocs pour les mesures expérimentales de bruits d'impact. Source : CSTC.

Loi de masse expérimentale :

Plus la masse augmente, plus l'isolement (= indice d'affaiblissement acoustique R) d'une paroi est important. Si la masse double, l'isolement augmente de 4dB.

Référence pratique :

  • R = 40 dB pour m = 100 kg/m²
  • donc R = 44 dB pour m = 200 kg/m² (exemple : voile en béton armé de 8 cm)

Cette relation permet d'avoir une rapide idée de l'isolation d'une paroi. Cependant, il faut éviter de se baser uniquement sur cette la loi en raison de la fréquence critique.

A cause de la rigidité de la paroi, il se produit à une certaine fréquence (fréquence critique) une chute de l'isolement acoustique (voir graphique ci-dessous). L'affaiblissement acoustique donné réellement est donc inférieur à l'affaiblissement acoustique qui serait donné si la masse seule de la paroi agissait.

Si cette chute se produit dans une zone où l'oreille est sensible, elle sera fortement ressentie.

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Illustration 24 : Indice d'affaiblissement acoustique d'une paroi simple (axe vertical) en fonction de la fréquence (axe horizontal). Une chute de l'indice se produit à la fréquence critique (et donc une moins bonne isolation). Source CSTC.

La fréquence critique peut être estimée sur base du tableau ci-dessous, sachant que le produit « fréquence critique fc fois épaisseur de la paroi d »est constant :

  • fc . d = cste

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Illustration 25 : Fréquence critique pour une paroi d'un cm d'épaisseur pour différents matériaux. Source CSTC.

Cas pratique : pour une paroi intérieur en bloc de plâtre de 10cm d'épaisseur, la fréquence critique se trouve à 4000/10cm=400Hz.

La conception de la paroi (pour une maison ou un bâtiment) devra permettre de garantir que la fréquence critique soit supérieure à 2500Hz. Pour un studio d'enregistrement, les contraintes acoustiques étant plus critiques, on visera une fréquence critique au-delà de 3kHz.

Un autre point faible des parois complexes (multicouches) se situe également à la fréquence masse-ressort-masse.

Fréquence masse-ressort-masse :

Les cloisons légères constituées de deux parois et d'un noyau en matériau isolant souple présentent une fréquence de résonance donnée par la relation :

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  • où d est la distance entre les 2 parois et m''1 et m''2 »2 leur masse.

A cette fréquence de résonance se produit également une baisse du niveau d'isolation de la paroi. Une bonne conception de paroi (pour une maison ou un bâtiment) veillera à garantir que la fréquence masse-air-masse est en-dessous de 80Hz

Pour un studio d'enregistrement, les contraintes acoustiques étant plus critiques, on visera une fréquence masse-ressort-masse en-dessous de 60Hz.

Bien souvent, ces différentes fréquences ne seront pas renseignées explicitement pour les différentes solutions utilisées. On retrouvera plutôt des indices globaux, sorte de moyenne sur toute une plage de fréquence (éventuellement avec une pondération pour tenir compte de la sensibilité de l'oreille humaine, on parle par exemple de dBA).

Ces indices globaux intègrent la performance moyenne de la paroi, fréquences critique et masse-ressort-masse comprises. Ils sont parfois fournis dans la documentation technique des produits. En l'absence de précision, il sera parfois nécessaire de faire appel à un acousticien pour évaluer la performance d'une paroi (simulation, calcul, donnée expérimentale…).

Attention également au fait que c'est l'ensemble des produits et la manière dont ils sont assemblés qui assure l'efficacité acoustique : un doublage acoustique performe mieux sur une ossature indépendante que collé directement sur le support.

Types de parois et de finitions

Toute paroi séparant deux zones de confort acoustique différent doit bénéficier d'un indice d'isolation qui sera d'autant plus élevé que la performance / le confort à atteindre est élevé. Cela concerne donc :

  • les murs extérieurs
  • les baies, vitrages, les portes
  • les murs mitoyens
  • Les parois intérieures d'un bâtiment entre espace commun (ou local technique) et logement
  • les planchers et toitures

Idéalement, un concepteur doit pouvoir définir l'enveloppe de son volume protégé et l'optimiser au niveau thermique (isolation), étanchéité à l'air (et comportement hygrothermique) et isolation acoustique !

Les paragraphes qui suivent reprennent quelques parois types et leur performance acoustique.

Murs massifs

  • Suivant la loi de masse, plus un mur est lourd, meilleure est l'isolation acoustique (aux bruits aériens). L'indice d'affaiblissement acoustique moyen (R) d'un mur massif, recouvert d'une couche de plâtre étanche et homogène, est de ± 47 dB.

Murs creux

Les murs creux (bloc porteur / coulisse / parement en brique) ne fonctionnent pas comme des parois acoustiques doubles, vu la présence de crochets reliant la maçonnerie aux murs porteurs. Toutefois ces façades massives présentent en général une isolation acoustique suffisante (supérieur à 50dB).

Choix de la fenêtre

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L'amélioration de l'acoustique des façades se fait principalement par des interventions sur les points faibles : les portes, fenêtres et menuiseries. Pour rappel, l'indice d'affaiblissement acoustique d'un mur de façade traditionnel est de 50 dB alors qu'il n'est que de 25 dB pour un double vitrage symétrique 4–15–4 ! Quand on sait que la valeur de cet indice pour le meilleur vitrage que l'on puisse mettre en œuvre dans des menuiseries classiques est de 42 dB (double vitrage feuilleté acoustique), on se rend compte que, dans la plupart des cas, outre les ouvertures de ventilation, ce sont surtout les menuiseries extérieures qui détermineront l'isolement acoustique de la façade.

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Illustration 26 : Les points faibles au niveau d'un mur de façade se situent principalement au droit des ouvertures (portes, fenêtres, caisson de volet, grille de ventilation). Source : CSTC

On retiendra également que les performances acoustiques d'un triple vitrage 4–16–4–16–4 sont peu élevées et identiques à celles d'un vitrage 4–16–4,

La meilleure performance acoustique obtenue avec un vitrage sera celle issue d'une composition basée sur des vitrages asymétriques lourds, feuilletés acoustiques et séparés par un espace le plus grand possible. Le vitrage le plus couramment utilisé est alors un 66.2A–20–44.2A dont l'indice d'affaiblissement acoustique atteint une valeur de 42 dB. Si l'on souhaite dépasser cette valeur, il faudra alors travailler avec une double fenêtre.

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Illustration 27  : Double fenêtre : système qui permet d'apporter les meilleurs niveaux d'isolation acoustique (source CSTC)

Le tableau suivant reprend l'ordre de grandeur de l'indice d'affaiblissement RAtr (indice d'affaiblissement acoustique pondéré corrigé pour les bruits de trafic mesurés en laboratoire) pour différentes composition de vitrage.

Type de vitrage

Composition

RAtr

Simple

4

30 dB

8

32 dB

Feuilleté non acoustique

44.2

32 dB

Feuilleté acoustique

44.2A

35 dB

Double symétrique

4–15–4

25 dB

6–16–6

29 dB

Double asymétrique

6–15–4

30 dB

6–15–10

34 dB

Double feuilleté une face

6–15–55.2

35 dB

Double feuilleté acoustique

8–15–66.2A

39 dB

10–20–44.2A

41 dB

Double 2x feuilleté acoustique

66.2A–20–44.2A

42 dB

66.2A–15–88.2A

47 dB

Triple

4–16–4–16–4

27 dB

Triple feuilleté acoustique

6–12–4–12–44.1A

37 dB

Triple 2x feuilleté acoustique

44.1A–12–4–12–44.1A

41 dB

66.1A–12–6–12–44.1A

44 dB

Illustration 26 : Ordre de grandeur d'indice d'affaiblissement acoustique RAtr (indice d'affaiblissement acoustique pondéré corrigé pour les bruits de trafic mesurés en laboratoire) pour différentes compositions de vitrage usuels (source CSTC - http://www.cstc.be/homepage/index.cfm?cat=publications&sub=bbri-contact&pag=Contact31&art=475)

Murs mitoyens

Il faut veiller à la désolidarisation totale entre les deux habitations. L'indice d'affaiblissement acoustique d'une paroi dédoublée dépend de :

  • la masse surfacique de chacune des parois,
  • la largeur de la lame d'air séparant les deux parois,
  • l'épaisseur et le type de l'isolant placé entre les deux parements,
  • la fréquence critique de chacun des parements,
  • la présence ou non de ponts phoniques (crochets…)

Ces parois, sans défaut de mise en œuvre, permettent d'obtenir des indices d'affaiblissements de l'ordre de 60 dB (masse surfacique cumulée des deux parois 400 kg/m²) à 65 dB (masse surfacique cumulée des deux parois 500 kg/m²).

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Illustration 28 : Schéma type d'un mur mitoyen dédoublé des fondations à la toiture

Cloison de doublage

On peut également améliorer une paroi existante en la doublant. Pour obtenir un système performant, il convient de :

  • désolidariser ce doublage par un joint souple, sur tout le pourtour de la cloison ;
  • utiliser un isolant souple et non rigide ;
  • utiliser plusieurs plaques de plâtres (masse) au niveau du doublage en les posant à joints alternés pour limiter le risque de fuites sonores.

Ce type de solution est pratique et facile à mettre en œuvre en rénovation et permet une augmentation de l'indice d'affaiblissement acoustique.

Les doublages collés à la cloison existante donnent de moins bons résultats que les doublages posés sur une ossature indépendante.

Illustration 28 : Isolation acoustique par doublage d’une paroi existante. Doublage fixé sur ossature indépendante  – source CSTC

Illustration 29 : Isolation acoustique par doublage d'une paroi existante. Doublage fixé sur ossature indépendante – source CSTC

Cloison légère double

Une cloison légère performante au niveau acoustique nécessite une désolidarisation par joint souple, sur tout le pourtour de la cloison. Les montants sont de type anti-vibratile et l'isolant doit être souple (et non rigide).

Les plaques de plâtres jouent un rôle important. Plus leur masse augmente, meilleure sera l'atténuation acoustique. Ainsi, avec une seule plaque de plâtre de chaque côté, on obtient un affaiblissement de 43dB. En doublant le nombre de plaque, on passe à 51dB. Avec 3 plaques, on passe à 57dB.

Si on dédouble l'ossature (voir schéma ci-dessous), l'atténuation acoustique peut monter jusqu'à 61dB.

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Illustration 30 : Cloison légère dédoublée constituée d'un isolant souple (A), de 2 plaques de plâtre (12.5 mm + 12.5 mm, B) et d'une structure métallique (C). Indice d'affaiblissement de l'ordre de 61dB.

Toitures

L'isolation thermique d'une toiture, à elle seule, ne suffit pas pour garantir une bonne performance acoustique. Elle doit être mise en œuvre de façon à constituer un complexe d'isolation qui fonctionne comme une cloison légère (masse-ressort-masse).

Pour obtenir une bonne isolation acoustique, il faut mettre en œuvre une sous-toiture lourde, en lieu et place de la simple feuille de polyéthylène microperforée, trop légère.

La composition idéale est la suivante (en commençant par l'extérieur):

  • Couverture de toiture ;
  • Sous-toiture lourde en aggloméré de bois - idéalement deux panneaux (36 à 44 mm) si leur poids peut être supporté. La sous-toiture doit être étanche à l'eau mais laisser passer la vapeur. Les panneaux d'aggloméré peuvent être imprégnés de bitume ou combinés à une feuille de polyéthylène microperforée ;
  • Isolant en panneaux, en rouleaux ou en vrac (épaisseur fixé par les exigences thermiques en vigueur) placé entre les pannes ou sous les pannes ;
  • Pare-vapeur - ne pas oublier de laisser un espace entre le pare-vapeur et les plaques de finition pour le passage des canalisations ;
  • Panneaux de finition - en plaques de plâtre, de fibro-plâtre ou autres, fixées à la charpente de manière antivibratoire (par des crochets spéciaux ou sur un cadre métallique léger). Si la structure permet de reprendre la surcharge, deux ou même trois plaques sont plus efficaces qu'une.

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Illustration 31 : plaques de plâtre ou fibro-plâtre fixées à la charpente de manière antivibratoire (sur un cadre métallique léger). Source : CSTC Bruits de chocs

La chape flottante

Un des dispositifs acoustiques applicable au plancher est la chape flottante : une couche intermédiaire souple est intégrée entre la structure porteuse et la chape. Cette solution permet d'éviter la transmission des vibrations de la chape vers la structure porteuse mais également des vibrations extérieures générées sur la structure du bâtiment vers la chape flottante. Il convient également d'ajouter une bande périphérique empêchant tout contact entre la chape et le mur. La plinthe doit être séparée par un joint souple.

La chape peut être :

  • Sèche : dans ce cas, le complexe se composera de panneaux préfabriqués (comme par exemple 2 plaques de fibro-plâtre solidaires) et d'une couche d'isolant à haute densité préencollée
  • coulée sur place : chape classique en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas perforer la couche de désolidarisation lors de la mise-en-œuvre

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Illustration 32 : Chape sèche (www.naturmat.be) composée de 2 plaques de fibro-plâtre et d'une couche d'isolant

Si la pose est soignée, un niveau de bruit de 67dB avec une chape traditionnelle tombe à 50dB avec une chape flottante (revêtement de sol : carrelage).

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Illustration 33 : Chape flottante avec joint souple (rouge) au niveau des plinthes.

Faux plafond

Un faux-plafond efficace améliorera à la fois la performance acoustique de la paroi vis-à-vis de la transmission des bruits aériens de la paroi et réduira les bruits de chocs. Le faux-plafond doit être mis en place par des fixations ou des suspentes antivibratoires et doit être désolidarisé des murs par un bandeau antivibratoire. Plus la lame d'air qui subsiste au-dessus du faux-plafond est grande, meilleur sera le résultat, mais si la hauteur sous plafond est limitée, une lame d'1 cm donne déjà des résultats satisfaisants.

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Illustration 34 : Système de fixation antivibratil pour faux plafond.

A noter qu'au niveau de la gestion des bruits de choc, une intervention au-dessus du plancher (chape flottante) sera toujours plus efficace que l'intervention au niveau d'un plafond (faux-plafond).

Le rôle du revêtement de sol

Le choix du revêtement de sol est sans aucun doute l'élément prépondérant lorsqu'il s'agit d'atténuer les bruits de chocs. On retiendra les ordres de grandeurs suivants d'indice Ln,w (indice unique de niveau de bruit de chocs) :

  • Carrelages collés sur chape en pose traditionnelle (dalle béton) : 67dB
  • Parquets stratifiés en pose flottante sur dalle de béton : 52 à 58dB
  • Vinyles collés : 53dB à 62dB (au plus épais et au plus souple le vinyle, au meilleure l'isolation aux bruits de chocs)
  • Moquettes : 45dB à 58dB (bonnes performances si épaisseur élevée)
4. Intégrer la question acoustique à la conception architecturale pour s'assurer une acoustique optimale du local
4.1 Forme du local : Optimiser la géométrie des locaux

En fonction de la destination du local, on préconisera des proportions qui influencent l'acoustique. Une géométrie régulière peut avoir des conséquences désagréables sur un espace. Il est entre autre important de bien choisir les rapports entre Hauteur / Longueur / Largeur et notamment d'éviter les rapports: (h, b, l) = (x, nx, nx). De nombreux scientifiques se sont penchés sur la solution idéale, notamment Louden (voir proportions qu'il préconise dans le tableau ci-dessous en leurs associant un indice de qualité).

Qualité

hauteur

facteur x

facteur y

1

1

1.9

1.4

2

1

1.9

1.3

3

1

1.5

2.1

4

1

1.5

2.2

5

1

1.2

1.5

6

1

1.4

2.1

7

1

1.1

1.4

8

1

1.8

1.4

9

1

1.6

2.1

10

1

1.2

1.4

11

1

1.6

1.2

12

1

1.6

2.3

13

1

1.6

2.2

14

1

1.8

1.3

15

1

1.1

1.5

16

1

1.6

2.4

17

1

1.6

1.3

18

1

1.9

1.5

19

1

1.1

1.6

20

1

1.3

1.7

Tableau 8 : Rapports de Louden.

A chaque « proportion » des dimensions d'un local est associé un indice de qualité. Plus cet indice de qualité augmente, plus mauvaise est l'acoustique du local. Si un local présente une hauteur de 2.3m, on visera une largeur de 4.37 m et une profondeur de 3.22m.

4.2. Choix des matériaux de finition intérieure

La réverbération du bruit au sein d'un local peut rendre l'ambiance sonore inconfortable. Cette situation peut être améliorée (corrigée) en augmentant l'absorption acoustique des parois pour limiter le temps de réverbération. Le principe d'un matériau absorbant est d'atténuer la réverbération en empêchant la réflexion du son sur une paroi. C'est un phénomène de surface qui s'obtient avec des matériaux à structure ouverte. Les matériaux fibreux et les matériaux à porosité ouverte (moquette, rideaux, vêtements, lièges…) possèdent de très bonnes capacités d'absorption du son. Chaque matériau absorbe, suivant sa nature, des fréquences de sons différentes.

Chaque matériau absorbe, suivant sa nature et son épaisseur, des fréquences sonores différentes.

Pour absorber un son d'une fréquence f, il faut placer une couche de matériau dont l'épaisseur est au moins égale au ¼ de la longueur d'onde. Plus le matériau est épais, plus basses seront les fréquences qu'il pourra absorber.

Cependant, les sons d'une longueur d'onde très élevée (de l'ordre du mètre, comme les infrasons) seront difficilement amorties car il faudrait alors utiliser des structures acoustiques de très grande dimension.

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Illustration 35 - Choix de l'épaisseur du matériau absorbant pour aborder les ondes acoustiques (au moins égal au ¼ de la longueur d'onde)

La solution pour couvrir l'ensemble du spectre sonore consiste à employer dans une même pièce un assemblage de systèmes d'absorption différents :

  • Hautes fréquences : matériaux poreux, fibreux, textiles
  • Moyennes fréquences : épaisseur des matériaux
  • Basses fréquences : résonateurs (matériau perforé espacé de la paroi)

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Illustration 36 : Aéropolis – Batex [040]

Bâtiment de bureaux passifs (7.000m²) Avenue Britsiers à Schaerbeek - Architecte : Architectes Associés

Les plafonds sont bruts pour assurer une bonne inertie thermique. Des panneaux isolants habillés de bois perforé jouent le rôle d'absorbant acoustique

Photos : MATRIciel

Remarque importante :

La présence de matériaux absorbants dans un appartement ne réduit en rien le niveau sonore perçu par les voisins. Bien qu'améliorant l'esthétique du son à l'intérieur du local où elle est mise en œuvre via une diminution du temps de réverbération, la correction acoustique n'est pas une stratégie d'isolation ou d'atténuation aux bruits aériens et aux bruits d'impacts.

4.3. Ajuster les surfaces réfléchissantes et absorbantes, y compris celles des locaux techniques

L'état de la surface et de la composition des parois (murs, plafond, sol) d'un espace construit détermine en grande partie ses caractéristiques acoustiques.

En fonction de la destination du lieu, on alternera les parois lisses réfléchissant le son (par exemple les murs plafonnés), et les parois absorbantes (par exemple une contre-cloison perforée avec isolant).

Pour évier un effet « ping-pong » entre deux murs parallèles réfléchissants, on applique un matériau absorbant sur l'un d'eux.

Outre le travail sur les parois, certains accessoires ont pour effet de réduire la réverbération : déflecteurs, tissus (moquette, plafond tendu, etc.), mais également le mobilier.

L'atténuation de la réverbération est exigée par la nouvelle norme acoustique applicable au résidentiel dans les parties communes tels que les couloirs et cages d'escalier (norme NBN S01-400-1).

5. Assurer la finition des parois des locaux techniques et respecter les consignes de mise en œuvre des équipements

Tous les travaux visant à améliorer le confort acoustique exigent un suivi attentif non seulement lors du choix des systèmes mais également lors de leur mise en œuvre. Il faut donc être vigilant sur :

  • Le respect des règles de mise en œuvre et des avis techniques (exemple : augmenter le nombre de plots de colle lors de la mise en place d'un complexe de doublage peut dégrader les performances acoustique du doublage).
  • Le suivi des différentes phases de chantier et la sensibilisation de tous les corps de métier à une réalisation parfaite et soignée des finitions (une plinthe mal posée peut anéantir toute la performance d'une dalle flottante !).

Normes et littérature d'application

Les normes suivantes sont d'application :

  • La norme NBN S01-400 (1977) pour les exigences d'isolation relatives aux immeubles autres qu'habitations.
  • La norme NBN S01-400-1 - Critères acoustiques pour les immeubles d'habitation (maisons / appartements)
  • Les normes EN ISO 140 (parties 1 à 16) pour les méthodes de mesures.
  • La norme EN ISO 717 (parties 1 et 2) pour les valeurs uniques (moyenne acoustique).
  • La norme EN ISO 12354 pour les modèles de calculs.
  • la NBN EN ISO 10052 : 2005 pour les méthodes de contrôle
  • La norme NBN S 01-400-2 'Critères acoustiques pour les établissements scolaires'

La norme NBN S01-400-1 est d'application pour tous les immeubles d'habitation (maisons et appartements).

Elle détermine les exigences auxquelles le bâtiment fini doit satisfaire aussi bien sur le plan de l'isolation aux bruits aériens et d'impact, qu'en ce qui concerne les niveaux sonores produits par les installations techniques et la maîtrise de la réverbération dans certains espaces spécifiques.

Il n'est pas toujours possible en rénovation d'atteindre les exigences requises. L'auteur de projet doit alors en informer le maître d'ouvrage, par écrit et avant le début des travaux, du manque possible de confort acoustique normal.

Exigences pour le niveau de pression du bruit aérien dans les locaux de réception

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Tableau 9 : Exigences pour le niveau de pression du bruit aérien dans les locaux de réception

Exigences pour le niveau de pression du bruit de choc dans les locaux de réception

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Tableau 10 : Exigences pour le niveau de pression du bruit de choc dans les locaux de réception

Exigences pour l'isolation des façades

Exigences pour le bruit des installations normalisé (LAinstal,nT )

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Tableau 11 : Exigences pour le bruit des installations normalisé

Exigences pour le niveau de réverbération dans les locaux de circulation

Le niveau de réverbération sera jugé acceptable si l'absorption acoustique équivalente totale Aw est au moins égale à 0.3 fois la surface circulable totale projetée dans le plan horizontal des escaliers, couloirs et paliers (Sh):

  • Aw > 0.3 Sh

pour les zones couloirs, cages d'escalier et halls d'entrée.

Pour les Atrium, il faut que le temps de réverbération respecte la relation suivante:

T < max {1,5 secondes, log(V/50)}

Où V est le volume de l'atrium.

Remarque importante

Les conditions de réalisation sur chantier ne sont jamais celles des laboratoires où les tests ont été faits. Pour s'assurer d'atteindre, en chantier, les valeurs prescrites par les normes (mesures in situ), il est essentiel de prévoir, lors du choix des techniques et matériaux acoustiques, une performance qui soit au moins 5dB supérieure aux résultats d'essai en laboratoire.

Outils disponibles

L'acoustique est une problématique particulièrement complexe. Faire appel à un acousticien est souvent utile voire indispensable pour optimiser cet aspect de la durabilité d'un projet.

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Usage

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Fin de vie

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Dispositifs

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Références

Bibliographie

  • ACTION ACOUSTIQUE, "supplément au Tu bâtis, je rénove" : Le bruit vous gène, ne vous laissez pas faire ! , Mars 2007.
  • BEAUMIER, Jean-Luc ; L'isolation phonique écologique, Matériaux et mise en œuvre, ISBN 978-2-914717-26-7 ; 2007
  • CERTU, Confort Acoustique, Mémento techniques du bâtiment, Juillet 2003.
  • CSTC, La nouvelle norme d'habitation NBN S 01-400-1, critères acoustiques pour les immeubles d'habitation, supplément à CSTC-contact N° 13 1ier trimestre 2007.
  • CSTC, Cours d'hiver ; Acoustique du bâtiment : Bruits entre locaux – Réverbération (2ième partie), Novembre 2006.
  • CSTC, Isolation acoustique des fenêtres (1ière partie), Notes d'informations techniques, Printemps 1998.
  • CSTC, Isolation acoustique des fenêtres (2ième partie), Notes d'informations techniques, Automne 1998.
  • DELPIRE, Xavier, L'architecte et l'isolation acoustique ; de la théorie à la pratique, Mémoire de fin d'études, ISA St Luc Bruxelles, promotion 2006-2007.
  • HAMAYON, Loïc, Réussir l'acoustique d'un bâtiment, 2ième édition, Ed. LE
  • HAMAYON Loïc. REUSSIR L'ACOUSTIQUE D'UN BATIMENT, Le moniteur, 2006
  • CSTC, L'isolation acoustique dans les habitations à ossature en bois, Les Dossiers du CSTC – Cahier n° 6 – 1er trimestre 2004
  • IBGE, BRUIT ET HVAC, Guide de bonnes pratiques et de meilleures technologies disponibles, avril 2009
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